L’ivresse de Nothomb

by / jeudi, 04 septembre 2014 / Published in 7 un livre
pétronille

Elle est attendue chaque année comme le Père Noël, les cloches de Pâques, les foires au vin ou la bière de mars… Véritable marronnier, Amélie Nothomb fait son come-back. En 2014 son univers plonge dans le champagne : des bulles à gogo pour des pages où l’ébriété devient un mode de vie. « L’ivresse ne s’improvise pas. Elle relève de l’art, qui exige don et souci. Boire au hasard ne mène nulle part », écrit-elle dans « Pétronille ». Sur ces bonnes paroles, le livre très autobiographique (une romancière rencontre une de ses lectrices lors d’une séance de dédicace) se déroule en quête de soulerie, mais une soulerie scientifique, l’ivresse comme un état augmenté de conscience, un road-trip où la perte de contrôle est un délice. L’auteur ou plutôt son double rompt 36h de jeûne avec un Veuve Clicquot (mais boira indifféremment du Pieper-Heidsieck acheté dans une supérette…), et analyse les effets de l’effervescence sur son corps et son esprit. « Boire en voulant éviter l’ivresse est aussi déshonorant que d’écouter de la musique sacrée en se protégeant contre le sentiment du sublime », écrit-elle. Mais décide rapidement que, seule, la griserie est moins belle. Elle part alors en quête d’un compagnon ou d’une compagne de beuverie, estimant que « dans la Ville lumière, il doit y avoir quelqu’un avec qui boire la lumière ».

Ce roman pétillant et savoureux où se confondent l’amour et l’amitié explose avec la légèreté d’une bulle de champagne. Une très jolie réussite de Mademoiselle Nothomb. Vive la rentrée !

Pétronille, d’Amélie Nothomb
180 pages, 16,50 €

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